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DE LA VILLE DE PARIS.
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quelle envoie pour la ratiffication de Ia paix traictée dernierement entre nous, nous desirons que, pas­sant par noslre bonne ville et cité de Paris, il soit bien et favorablement receu, recucilly et traicté, cn quoy nous vous prions faire tout devoir de vostre part, en sorte qu'il aict tant plus d'occasion de con­tentement, et puisse de son voyaige rapporter à sa maistresse chose qui seroit tousjours à la mieulx disposer à l'entretenement de Iad. paix, croiant ce que sur ce vous dira de nostre part le sr de Mau­vissière, l'ung'de noz gentilzhommes servans,, pre­sent porteur, ainsi que vous feriez nous mesmes.
"Donné à Digeon'1', le xxvi°jourde May i564." Signé : CHARLES.
Et au dessoubz : dk L'Aubespine.
"Messieurs, affin de faire congnoistre à la Royne d'Angleterre le conte que nous faisons de son amitié, et que par [là] la paix en soit d'aultant mieulx esta­blie pour le bien publicq, je vous prie, suivant ce que le Roy monsieur mon filz vous escript, faire au passaige du sr '2' qu'elle, envoie par deçà telle de­monstration de courtoisie et honneste envers luy, pour luy donner plus d'occasion d'en rapporter à sa maistresse toute satisfaction, ainsi que vous dira plus avant, dela part du Roy mond, filz et de la mienne, le sr de Mauvissière, present porteur ; priant Dieu, Messieurs, vous donner ce que desirez.
«De Digeon, Ie xxvic jour de May 1564'3', n Signé : CATHERINE.
Et au dessoubz : de l'Auckspini:. .
DCXXV. — Pour le chemyn des Minimes de Nyjon.
3o mai i564. (H 1784, fol. 243 v°.)
k Sur la requeste presentée à la Chambre par les religieulx, correcteur et freres Minimes du couvent de Nijon lez Paris, par laquelle ilz remonstroient que le Roy, par ses lectres patentes'4', leur auroit faict don de certaines pierres estans sur le boit de la riviere de Seine, du. costé de Grenelles, pour ayder à reparer Ie chemin publicq estans sur lad. ri­viere près les murailles de la closture de Ieur mai­son, endommaigées des incommodalions des eaues'5' cy devant advenues, lesquelles lectres auroient esté verifliées,à la charge que lesd, supplians seront te­nuz emploier lesd, pierres à la reparation et chaus­sée dud. chemin dedans ung an, et d'en apporter
certiffication, ce quc lesd, supplians ne pourroient faire à leurs despens, requerans estre descharge/, desd, fraiz, consentans que, nonobstant led. don, lesd, pierres soient delivrées au Prevost ct Esche­vins dc la ville dc Paris pour icelles reparations; veu par la Chambre lad. requeste, lesd, lectres pa­tentes et arrest de veriffication d'icelles, après avoir oy Claude Marcel, l'ung des Eschevins dc lad. Ville, pour cc mandé au Bureau, auquel le tout auroit esté communicqué, qui a dict.ct declairé estre notoire Iad. reparation et veriffication dud. chemin et chaus­sée estre necessaire pour le public, ct sans laquelle reparation la navigation ne s'i pourroit entretenir ni
correspondance avec Robert Dudley et Cecil. Une lettre de Catherine do Médicis à l'évêque do Rennes nous apprend que lord Hunsdpn réjoignitla Cour à Lyon, le 22 juin, ct que ce personnage et sa suite furent "fort favorablement ct honorablement recueilliz, ca­ressez et traitez». C'est le samedi 24 quc l'ordre de la Jarrelière fut remis à Charles IX dans l'église Saint-Jean; lo récit de cette cérémonie et des divertissements qui eurent lieu à celte occasion est donné par M. do la Ferrière, d'après la relation de Hunsdon. (Cf. Le x r 1' siècle et les Valois, p. 180; lettres de Catherine de Médicis, t. Il, p. 184 , 201.)
O Charles IX, après s'être arreté trois jours à la Chartreuse, près de Dijon, avait faitson entrée dans celte ville, le 28 mai.
's) Le texte inséré dans le registre du Bureau de la Ville ne parle point du sieur Throckmorlon, dont le nom est improprement ajouté par M. de la Ferrière, car il s'agit de lord Hunsdon, comme on le voit par la lettre précédente.
(3) Cette missive, qui se trouve dans le registre H 1784, el non pas H 1785, est reproduite dans le recueil des Lettres de Catherine dc Médicis, t. II, p. 184.
C L'abbé Lebeuf, dans son Histoire du diocèse de Paris (ancienne édition), I. Ul, p. 55, mentionne la concession aux religieux de Nigeon, par Charles IX, de toutes les pierres de taille restées sur le bord dc la Seine, du côté de Grenelle, et semble viser l'acte ci-dessus qu'il rapporte à l'année. 1563, d'après les Mémoriaux de la Chambre des Comptes; mais c'est à tort qu'il considère le don de ces matériaux comme ayant été fait en vue dc concourir à la construction de l'église des Minimes, qui fut consacrée le 12 juillet 1578. Suivant une lettre du 29 décembre au maréchal do Montmorency, Catherine de Médicis pressait l'Échevinage sde faire faire la chaussée ct grosse muraille qu'il fault faire au long des Bons-Hommes, comme chose tres necessaire.-. Il s'agit bien des Minimes de Nigeon ct non, comme le suppose M. de la Ferrière, du couvent des Bonshommes do la rue de Beauvais. (Lettres de Catherine de Médicis, I. II, p. 247.)
(-) Ces inondations sc produisirent notamment dans le cours de l'été 1562; on lit en elfet dans les Mémoires de Claude Haton (t. Il, p. 331, 332) quc, "dès le commencement du mois de Juing, la saison se porta au plus mal par pluies froides et continuelles et quasi toute l'année, les eaues furent grandes et dérivées et plus grandes l'esté que l'yver.-.                                  . .